Accueil
Merveilleux échange Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

     Le Christ est Verbe, âme et chair. N’importe quel homme est âme et chair. Le Christ est Verbe et homme. S’il est Verbe et homme, il est Verbe, âme et chair. Il n’y a pas trois personnes : le Verbe, l’âme et la chair, car toi, tu n’es pas deux personnes : l’âme et la chair. Toi, tu es âme et chair, un seul homme. Lui, Verbe, âme et chair, il est un seul Christ. Mais parfois on parle de lui en tant qu’il est Verbe, et pourtant on parle du même Christ. Parfois on parle de lui en tant qu’il est chair, et pourtant on parle du même Christ.
     Prouvons cela par les exemples des paroles divines. Écoute en tant qu’il est Verbe : "Moi et le Père, nous sommes un". Écoute en tant qu’il est âme : "Mon âme est triste à en mourir". Écoute en tant qu’il est chair : "Il fallait que le Christ souffrît et qu’il ressuscitât le troisième jour." Où la résurrection aurait-elle place, sinon en celui qui a pu périr ? S’il ressuscite, c’est qu’Il est mort. Cherche la mort dans le Verbe, elle n’a jamais pu y être. Cherche la mort dans l’âme, il n’y en eut jamais chez qui il n’y eut pas de péché. Cherche la mort dans le corps : là elle fut vraiment ; et c’est pourquoi il y eut une vraie résurrection, car il y eut une vraie mort. Là il y eut mort. Pourquoi la mort là où il n’y eut pas de péché ? Là, il y eut peine sans faute, pour que soient effacées en nous et la peine et la faute.
     Pourquoi t’étonner que le Christ soit mort, alors que le Christ n’avait pas péché ? C’est que le Christ est la vie. Pourquoi la vie est-elle morte ? Ce n’est pas l’âme qui est morte, le Verbe n’est pas mort ; c’est la chair qui est morte, pour que dans la chair, meure la mort.
Mais voici que le Christ ressuscite. Mort, où es-tu ? Maintenant il est dit dans sa chair ce qui sera dit à la fin dans la nôtre : "La mort a été engloutie dans la victoire". Il y aura chair, mais indestructible. La nature demeurant, sa qualité sera transformée : la substance sera la même, mais alors sans aucun défaut, aucune pesanteur, aucune déformation, aucune indigence, rien de mortel, rien de ce dont nous avons l’expérience sur cette terre. On la touchera, on la maniera, on la palpera, mais on ne la tuera plus.
     Il fallait donc que le Christ meure pour toi, et dans le Verbe, il n’y avait rien qui put mourir pour toi, car sa vie était simple, sans chair ni sang, sans rien de mutable. "Au commencement était le Verbe, et le Verbe était près de Dieu, et le Verbe était Dieu". Qu’il était loin de la mort ! Donc quelle bonté fut donc la sienne ! Marie, assurément, appartenait au genre humain : vierge, mais de l’homme ; sainte, mais de l’homme. Or le Seigneur, le Verbe, le Fils unique, prit d’elle pour toi ce qu’il offrirait pour toi. Il le prit pour toi, mais non pas sans toi, car de quoi mourir pour toi, il ne l’avait pas en lui. Toi, tu n’avais pas en toi de quoi vivre ; lui, il n’avait pas de quoi mourir. Ô merveilleux échange ! Vis de Lui, car il est mort par toi !

St Augustin
Sermon Morin 17
[Lect. de Cîteaux]
 
< Précédent   Suivant >
ICI - Images Communication Impressions © 2007